Vous hésitez entre recruter un commercial et externaliser votre prospection téléphonique ? La discussion commence souvent par une phrase : « un prestataire, c’est cher ». Pour trancher, il faut comparer des coûts complets, pas un salaire brut face à une facture. Cet article pose les chiffres, les limites de chaque option et une méthode simple pour décider.
Ce que coûte vraiment un commercial junior en interne

Selon le guide des salaires Michael Page 2026, un commercial junior en France est payé entre 32 000 et 42 000 € brut par an.
Ce salaire n’est qu’une partie de la dépense. Selon Cocowork, une équipe commerciale interne coûte environ 2,3 fois le salaire brut. Ce coefficient reflète tout ce qui s’ajoute au salaire, par exemple :
- les charges patronales ;
- le poste de travail, le téléphone et les logiciels (CRM, bases de contacts) ;
- le recrutement et l’intégration ;
- le temps de management du dirigeant ;
- les périodes de vacance du poste et le remplacement en cas de départ.
Le calcul sur une année
Appliquons le coefficient aux deux bornes de la fourchette :
- 32 000 € × 2,3 = 73 600 € par an, soit environ 6 130 € par mois ;
- 42 000 € × 2,3 = 96 600 € par an, soit environ 8 050 € par mois.
Ces montants sont des ordres de grandeur. Votre coefficient réel dépend de votre convention collective, de vos outils et de votre organisation. Mais il est rarement proche de 1.
Les coûts que l’on oublie dans le calcul
Trois postes ne figurent dans aucune fiche de paie :
- Le délai de recrutement. Pendant que vous cherchez, personne ne prospecte.
- La montée en compétence. Un junior doit apprendre votre offre, votre marché et vos objections. Les premières semaines produisent peu.
- Le risque de départ. Si la personne quitte l’entreprise, vous perdez le temps investi et vous recommencez.
Combien coûte d’externaliser la prospection téléphonique
Un prestataire ne facture pas un salarié. Il facture un périmètre : un volume de contacts, des canaux, des relances et un reporting. Avant de comparer des prix, regardez donc ce que couvre chaque offre.
Les trois modèles de facturation
- Le forfait mensuel. Vous payez un volume de travail défini. C’est le modèle le plus lisible pour un budget.
- Le paiement au rendez-vous. Il paraît sans risque. Mais il incite à remplir votre agenda, pas forcément avec des prospects qualifiés. Vérifiez la définition d’un « rendez-vous » dans le contrat.
- La régie ou le temps passé. Vous achetez des heures. Le contrôle dépend alors de la qualité du reporting.
Un exemple chiffré
Prenons un forfait de pilotage compris entre 600 et 900 € par mois. Sur douze mois, cela représente 7 200 à 10 800 €.
Face aux 73 600 à 96 600 € d’un commercial junior, l’écart est important. Mais la comparaison n’est juste que si vous comparez le même travail. Un commercial interne fait aussi des rendez-vous, du suivi client et parfois de la négociation. Un prestataire de prospection, lui, remplit le haut du pipeline.
Ce que l’externalisation ne remplace pas
Externaliser la prospection téléphonique n’est pas externaliser la vente. Le prestataire ouvre des portes. C’est vous, ou votre équipe, qui menez le rendez-vous et signez le client.
Trois limites sont à connaître avant de signer :
- Une offre floue reste floue. Si vous ne savez pas expliquer en deux phrases à qui vous vous adressez et quel problème vous résolvez, aucun appel ne compensera ce manque. Nous détaillons ce point dans pourquoi votre prospection B2B ne produit pas régulièrement des rendez-vous.
- Personne ne peut garantir un nombre de rendez-vous. Le résultat dépend de votre offre, de votre prix, de votre marché et de la réaction des prospects. Méfiez-vous d’un engagement chiffré qui ne précise pas ces conditions.
- Il faut du temps pour juger. Un mois de prospection donne des premiers signaux. Trois mois donnent des données exploitables.
Comment décider : cinq questions à vous poser
Répondez honnêtement à ces questions avant de choisir.
- Avez-vous déjà vendu cette offre ? Si oui, vous savez à qui elle parle. La prospection peut s’appuyer sur ces clients pour cibler. Si non, commencez par un test court.
- Qui mènera les rendez-vous obtenus ? Si c’est vous, vérifiez que vous avez réellement deux à quatre créneaux libres par semaine.
- Quel volume visez-vous ? Quelques nouveaux comptes par trimestre ne justifient pas forcément un poste à temps plein.
- Savez-vous manager un commercial ? Un junior a besoin d’objectifs, de suivi et de retours réguliers. Ce temps est le vôtre.
- Pouvez-vous financer un test de trois mois ? En dessous, vous jugez une méthode avant qu’elle ait eu le temps de produire.
Si vous répondez « non » aux questions 1 et 4, l’externalisation est souvent un premier pas plus prudent. Si vous visez un volume élevé et que vous avez un manager disponible, le recrutement devient plus cohérent.
Comment cadrer un test externalisé de trois mois
Un test utile se prépare. Voici la liste à valider avec le prestataire avant le premier appel :
- La cible écrite : secteur, taille, zone, fonction du décideur.
- Le script : une ouverture, trois questions de diagnostic, une proposition de créneau.
- Les critères de qualification : qu’est-ce qu’un contact « intéressé », une « opportunité », un « rendez-vous » ?
- Le scénario de relance : combien de tentatives, à quels intervalles, sur quels canaux.
- Le reporting : un rapport chaque semaine, à date fixe.
Les indicateurs à exiger chaque semaine
- le nombre d’appels passés ;
- le nombre de décideurs joints ;
- le nombre de conversations réelles ;
- le nombre de rendez-vous obtenus ;
- les objections entendues, mot pour mot.
Ces chiffres vous permettent de savoir où se situe le blocage : dans la liste, dans les horaires d’appel, dans le message ou dans l’offre. Pour savoir quels ordres de grandeur attendre, consultez notre article sur le taux de transformation d’un appel à froid.
En résumé
- Un commercial junior coûte environ 73 600 à 96 600 € par an, charges et frais compris.
- Un pilotage externalisé coûte une fraction de ce montant, mais couvre un périmètre plus étroit : la prospection, pas la vente.
- Le bon choix dépend de votre volume, de votre capacité à manager et de la maturité de votre offre.
- Dans les deux cas, exigez des indicateurs hebdomadaires et donnez-vous trois mois pour juger.
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